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Le Petit manuel de composition typographique, version 3, réimpression 2018.

Avec l’évolution rapide des technologies, le champ de l’expérimentation typographique est sans cesse redéfini. En parallèle les nouveaux logiciels sont de plus en plus pointus et offrent de plus en plus de possibilités créatives. Le Petit manuel de composition typographique suit de près ces évolutions pour être toujours d’actualité. Sa version 3 s’adresse autant aux utilisateurs de polices de caractères anciennes qu’aux utilisateurs de polices OpenType et les aide à poser des repères fondamentaux dans l’esthétique et l’histoire de la typographie.

Anatomie d’un caractère
D’où vient la “structure” des polices de caractères que nous utilisons aujourd’hui, pourquoi le romain et l’italique coexistent-ils, pourquoi dispose-t-on de plusieurs versions d’un même caractère, à quoi correspondent les formats informatiques, que trouve-t-on sous le clavier ?

Les familles de caractères
Cette partie présente une classification complète, basée sur l’évolution historique de la lettre, et facile à utiliser aujourd’hui. Les illustrations ont été entièrement revues afin de mettre en valeur des caractères récents. En hommage aux catalogues de caractères de l’époque du plomb, les fontes sont présentées sous forme de planches composées de proverbes et de citations.

La composition du texte
La composition du texte requiert de nombreux réglages : choisir le corps, modifier ou non à l’interlettrage, corriger les approches de paire si nécessaire ; cette partie explique tous ces points pas à pas.

Les règles de base
Comme toute discipline, la composition possède ses règles, codifiées comme les règles d’orthographe. Sans prétendre remplacer les codes typographiques, ce chapitre insiste sur les bases fondamentales que tout débutant se doit de maîtriser (espace et ponctuation, tirets, ligatures, petites capitales, principales abréviations).

Bibliographie
Pour commencer une bibliothèque idéale sur la typographie…

Disponible en commande sur ce site, ici ou à demander chez votre libraire préféré.
Édité avec le soutien du Cnap, Ministère de la culture.

Une collection de films cultes en DVD par les étudiants de l’Esag-Penninghen.

La connotation est un point essentiel en typographie ; bien sûr, un texte doit d’abord être lu mais son apparence va aussi suggérer, évoquer, installer nombre de références. Le choix du caractère permet de situer une époque, le lien direct à une esthétique, un ton – comme on parle du ton de la voix – une musique, qui participe à la perception du mot comme une bande originale à celle d’un film, et joue de l’inconscient collectif dans lequel tous ces signes sont déjà chargés de sens par l’usage et les habitudes. Monsieur ou madame Tout le monde saura-t-il voir que le choix d’un caractère est mauvais ? non, évidemment… mais on peut être sûr qu’il/elle saura ressentir sa justesse lorsqu’il est bon.

Une fois cette réflexion aboutie, vient le temps de penser à l’expression par la mise en page et là également, la chose n’est pas simple au début. Le fond/la forme. Symbolique, pas décoratif. Quel est le propos du cinéaste dans l’histoire globale du septième art ? À quel mouvance appartient-il, qu’a-t-il apporté ? Et enfin, question essentielle, quel est le sujet principal – pas l’histoire – de ce film en particulier. Le graphiste a, à sa disposition, un certain nombre de possibilités propres à la typographie pour s’exprimer : les tailles des caractères, la distorsion, la manipulation, les contrastes de graisses, les jeux sur l’interlignage, les approches, mais aussi la composition formelle, le jeu avec le format, la gestion dynamique et signifiante de l’espace non imprimé.

Cette recherche est proposée en fin de deuxième année de l’Ésag-Penninghen, lorsque les étudiants commencent à avoir suffisamment de références pour construire un questionnement global et apporter leur propre réponse.

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Plus d’informations sur l’école : http://penninghen.fr/

Les caractères modulaires.

Les caractères modulaires sont construits à partir d’une ou de plusieurs formes simples, combinée(s) de façon à recréer tous les signes de l’alphabet. Ce sont des titrages, le plus souvent obtenus à partir de formes géométriques, le jeu étant de réduire au maximum le nombre d’éléments de base.

Recherche personnelle pour une installation.

Au Bauhaus (1919-33), Herbert Bayer, ancien élève de Kandinsky et Moholy Nagy, poursuit l’élaboration d’une théorie basique de la typographie, reposant sur la clarté, la lisibilité et l’impact visuel. La lettre doit revêtir une forme internationale, universelle et se libérer des connotations culturelles restrictives. Après avoir rejeté l’usage de la gothique, alors utilisée en Allemagne, et prôner l’emploi des linéales, il va tenter une réforme de l’alphabet, illustrant l’utopie de ces années révolutionnaire pour la création : « pourquoi devrions-nous écrire et imprimer avec deux alphabets ? deux signes différents ne sont pas nécessaires à l’expression d’un seul et même son. A = a. nous ne parlons pas en capitales ou en minuscules. nous avons besoin d’un alphabet unique. »

Recherche de Herbert Bayer.

La réflexion sur la finalité de l’écriture modifie le geste du dessinateur. La main est transformée par les outils qu’elle manie : l’équerre et le compas ont remplacé la plume des écritures classiques ou le pinceau des artistes de l’Art Nouveau. La géométrie pure peut s’appliquer au dessin de la lettre, comme elle s’applique au design et aux arts plastiques.

Joost Schmidt, Jan Tschichold, Josef Albers travailleront dans le même sens : un alphabet quelquefois « unique », une construction méthodique, une grille géométrique, un dessin obtenu par la combinaison des formes de base, le cercle et le rectangle, une graisse constante. Les premières esquisses de Paul Renner pour le Futura montrent de nombreux points communs avec les projets du Bauhaus même si sa version finale, redessinée pour fonctionner en texte courant, est beaucoup plus sophistiquée.

Recherche de Joost Schmidt.

Recherche de Jan Tschichold.

Premières recherches pour le Futura de Paul Renner.

Ce type de procédé, ayant souvent comme résultat des lettres un peu « brutes » (comme on parle d’« art brut »), sera remis en lumière par les premières années de la PAO, avec la naissance de nombreux caractères « pixels » dessinés sur la grille bitmap, ou en fonction des capacités des imprimantes matricielles, contraintes extrêmes, incitant au basique par définition.

Le Dot Matrix, de Windlin & Müller pour Lineto

Aujourd’hui les restrictions techniques n’existent plus mais les graphistes continuent d’expérimenter en ce domaine. Pascal Béjean, Olivier Körner et Nicolas Ledoux, en collaboration avec Sacha Bertolini et Christophe Sivadier, ont intégré la création d’un caractère de ce type à leur projet pour la communication de la saison 2010-11 du Théâtre des Amandiers à Nanterre, afin de faire naître « un face à face avec le spectateur en une composition abstraite et constructiviste pour un théâtre toujours à l’offensive ». [Plus de détails ici.]


L’atelier Superscript²  – Pierre Delmas Bouly et Patrick Lallemand –, a créé Le basic qui possède 8 graisses, 21 variations de contraste entre pleins et déliés et une variante pochoir, et apparaît comme un développement des recherches du Bauhaus. [Plus de détails ici.]

Le logiciel en ligne Fontstruct, développé par Fontshop, permet de générer ses propres fontes sur ce principe : à partir de modules préexistants, l’utilisateur peut développer facilement son caractère et le diffuser s’il le souhaite. La variété des résultats est impressionnante. [Plus de détails ici.]