Food for thought Culture et mondialisation par Yu-Hsuan Wang.

Yu-Hsuan Wang est une étudiante originaire de Taïwan qui, déjà titulaire d’une licence de design graphique, est venue en France pour poursuivre ses études à l’ESAG-Penninghen. Son diplôme explore de façon poétique les changements apportés par la mondialisation et le métissage des cultures.

À partir de la cuisine, il construit une sorte de métaphore pour rendre compte de cette diversité. Le phénomène de naissance de nouvelles cultures est comparé à celui de l’évolution des plantes qui possèdent leurs caractéristiques uniques selon leur environnement. De nouvelles plantes donc sont créées pour symboliser les différentes civilisations de l’histoire du monde. Des plats, représentant la rencontre entre les différentes cultures, sont élaborés ensuite à partir de ces ingrédients imaginaires, donnant lieu à de nouvelles recettes.
Pour terminer, tous ces plats sont servis lors d’une fête imaginaire…

Ode à la gourmandise et à la curiosité, ce projet présente des illustrations, mises en page à la manière d’un herbier pour montrer la transformation et la fusion des cultures.

Cliquez sur une image pour démarrer le diaporama.
Pour en savoir plus : yuhsuanwang.com, behance.net/yuhsuan
tumblr_n5otjpxrfO1twkgamo1_r2_500

Plus qu’une journée pour télécharger gratuitement les beaux caractères de titrage de Lift Type.

Ils sont mystérieux les Lift Type… impossible de trouver les noms de ceux qui forment ce groupe et distribuent de fontes gratuites en éditions limitées (sur une période ou une quantité définie). C’est jusqu’à ce soir, on se précipite, merci à eux  !

tumblr_n5ouzuqsUe1twkgamo1_1280 tumblr_nd0xfvbCFB1twkgamo1_1280

http://lift-type.fr/
http://lift-type.tumblr.com/
large-laaaarge-blog-hello-H5

Ludovic Houplain & Rachel Cazadamont (H5) à Type@Paris.

Ludovic Houplain & Rachel Cazadamont (H5) racontent leur collaboration avec certains artistes de la French Touch, l’exposition Hello H5 et la conception graphique de la campagne d’Anne Hidalgo pour les dernières municipales à Paris. Une utilisation simple et radicale de caractères classiques, remaniés si nécessaire pour renforcer l’impact recherché.

hello-H5

 

H5-HidalgoPlus d’images sur le site de H5.

La page d’inscription de la prochaine conférence : Claudia de Almeida + Henrik Kubel.

BodyPart_3b0527bc-73a1-4b79-be0d-284ad0e7d411

Tyrsa en conférence à Type@Paris2015.

“Cette session en français se déroule dans le cadre des conférences Type@Paris, organisées par Jean François Porchez. Dès 99, Alexis Taïeb (Tyrsa) découvre le graffiti et y fait ses premières armes, ses premières esquisses de lettres. De là naitra sa vocation et son amour de la typographie qui guidera naturellement son parcours scolaire.
Diplômé des Gobelins en 2007, il en sortira avec un bagage solide et une connaissance approfondie de la typographie. En 2008, il se lance à plein temps en free-lance, aussi à l’aise en web qu’en print, ses qualités et son exigence le font très vite apprécier des différentes agences Parisiennes, parmi lesquelles figurent Betc Euro RSCG, Publicis, DDB, SID LEE, etc. Que ce soit à partir d’un brief à fortes contraintes ou d’un projet avec une totale liberté, qu’elle soit illustrative ou plus traditionnelle, la typographie est le point de départ et le centre des réflexions du travail d’Alexis Taïeb. Ses visuels précis et modernes, sont le fruit d’une recherche de l’originalité dans les compositions, réinventer la lettre sans jamais perdre son sens, ni celui de l’esthétique.”

Texte et vidéo extraits de Make It. Creative Cloud.
la page d’inscription de la prochaine :
https://www.typeparis.com/talks/#H5-jeremytankard

Cliquez sur une image pour démarrer le diaporama.
Capture d’écran 2015-05-01 à 14.56.42

Les petites animations imaginées par Thomas Sipp pour France Culture pour s’initier à l’histoire de la typographie et à ses usages.

Le Trajan.

“Vous êtes venus, vous les avez vues, elles ont vaincu. Le T triomphal, le I impérial, le A indestructible, le N noble, le C définitif. “Titanic”. Trajan, c’est la promesse de frissons, de grand spectacle.”

Le Bodoni.

“De hautes lettres très noires, harmonieuses sur le papier blanc. Des contrastes prononcés entre les pleins et les déliés, mais toujours beaucoup de droiture. Les lettres se tiennent debout comme les colonnes d’un temple grec.”

Le Futura.

“Les capitales ont l’air presque classiques. Froides mais pures. Géométriques.”

Le Mistral.

“Une écriture spontanée, dynamique et irrégulière, toujours à la limite du déséquilibre. Une main invisible semble avoir tracé les lettres qui font danser le texte et courent sur la page, C’est le Mistral.”

Même si l’ensemble manque parfois de rigueur historique – quel dommage ! –, la série est utile et charmante pour les novices.

Tous les textes de présentation sont extraits des présentations YouTube. Découvrez l’intégralité de Sacrés Caractères sur http://sacrescaracteres.franceculture.fr

l

Simulacre, de l’aliénation à la différenciation, une recherche graphique d’Ariane Sauvaget.

L’apparence a pris une place centrale dans nos vies pour devenir la vitrine de notre identité. Notre société véhicule des images irréelles et falsifiées qui créent une gigantesque illusion. Déformation et altération des réalités, il existe une distorsion entre le corps réel et celui que l’on porte dans sa tête.

Simulacre propose donc de parcourir les divers registres où se révèlent aujourd’hui le pouvoir des apparences. Comment notre identité est-elle façonnée par la société actuelle ? Peut-on s’éloigner des codes préétablis, se différencier, échapper à une uniformisation de la beauté ? Quels rapports entre le corps et l’identité, jamais figée ni même construite ?

Cliquez sur une image pour démarrer le diaporama.

Pour voir le reste de son travail : http://www.arianesauvaget.com.

J

Tu ne tueras point, une expérimentation graphique de Gary Colin.

Le travail de Gary Colin pour son diplôme de l’ESAG Penninghen, “Tu ne tueras point”, est une bande dessinée semi-abstraite qui propose de mettre en scène une série d’histoires exposant différentes manières de tuer. Deux protagonistes ressuscitants à chaque fois interprètent de manière nouvelle le “cartoon” et abordent par l’humour et le second degré le thème de la violence intérieure des individus.

L’écriture basée sur une représentation symbolique, dépourvue de décor clairement identifiable, amène le lecteur à interpréter les formes. Il s’agit ici de casser la lecture de la bande dessinée traditionnelle, en permettant une implication plus grande du lecteur.

Le projet s’articule autour d’une narration simple : un méchant, un gentil,  un “tueur”, un “tué”… le premier a la forme d’un diablotin monstrueux et cornu, le deuxième est vermiforme et coiffé d’un béret. L’histoire est volontairement muette : accentuant le vide autour du crime et de la mort, dépossédant les personnages d’une humanité, d’une moralité. Des onomatopées viennent ponctuer la narration, contribuant à une représentation burlesque et imagée des sons de l’action.

Cliquez sur une image pour démarrer le diaporama.

 

R retiro

Jean François Porchez ou L’excellence typographique, un ouvrage des éditions Adverbum.

Lorsque je l’ai rencontré aux environs de 1990, Jean François Porchez était déjà créateur de caractères. Moi, jeune graphiste à l’Atelier national de création typographique de l’imprimerie nationale dirigé par Peter Keller, et encouragée par celui-ci à y passer une ou deux années, j’avais choisi la position qui, à mon goût, était la plus confortable : regarder, étudier, essayer de comprendre. Passionnée par le graphisme et la mise en pages, je voulais connaître les secrets de la création de caractères, un domaine totalement fermé à l’époque où les savoir-faire se transmettaient de maître à disciple. Quelques semaines, quelques mois peut-être, ont suffi pour que je me rende compte que l’un parmi nous était déjà dans un autre monde.

C’était pour moi évident : Jean François, que je connaissais à peine, montrait déjà une incroyable maîtrise et ses recherches m’aidaient à voir les pourquoi et les comment du dessin de la lettre. J’avais trouvé un vrai “futur pro” et j’allais en profiter pour discuter pendant des heures et des heures et espionner, en toute amitié, la création en train de se faire. Déjà s’installaient les bases de sa pratique, une approche particulière du dessin, une maîtrise du tracé qui sera un peu sa signature, présente dans tous ses caractères, et un grand souci d’expliquer qu’il mettra en pratique dans sa pédagogie. Je n’ai jamais rencontré de professionnel aussi généreux, prenant autant de plaisir à partager son savoir. Souvent, par la suite, je l’ai appelé pour lui demander de m’expliquer telle ou telle chose ; à chaque fois, même débordé, il a pris tout le temps nécessaire pour me répondre.

Sa connaissance de la calligraphie a influencé sa manière d’aborder la lettre, sans jamais y amener un quelconque maniérisme : des courbes chaleureuses, généreuses, mises en valeur par contraste par des droites extrêmement tendues. L’esthétique de la lettre tient à peu de choses pourtant bien difficiles à mettre en place : une résonance de signe à signe, une palette de traits, un rythme, une structure, organisés selon une logique interne pour aboutir à une entité qui échappera à son créateur pour se laisser apprivoisée par d’autres. Et c’est bien là, le talent du dessinateur de caractères : concevoir des signes qui séduiront d’autres praticiens qui pourront grâce à eux affirmer leur écriture. J’ai souvent utilisé les caractères de Jean François Porchez, avec une préférence pour l’Apolline, le Parisine et le Sabon Next, qui composent des textes d’une lisibilité parfaite, à la fois construits et pleins de souplesse, qui s’intègrent très bien à ma façon de “dessiner” une page.

Chaque nouveau caractère va être le moyen d’explorer un territoire encore inconnu et c’est tant mieux car cela augure d’un nouveau challenge qui va permettre à nouveau de pousser ses limites. Pour un client ou pour lui-même, Jean François Porchez va imaginer une sorte de cahier des charges, un cadre conceptuel qui va lui permettre d’inventer et de transcrire ces concepts dans la forme. Peut-on imaginer un caractère qui aurait à la fois les particularités d’une garalde et celles d’une mécane ? Comment améliorer un caractère de presse ? Comment ouvrir les contreformes d’une lettre pour augmenter sa lisibilité ? Est-il possible d’imaginer une série de fontes provenant des grandes familles de caractères en leur gardant une chasse commune, comme une sorte de boîte à outils offerte aux graphistes ?

L’histoire est toujours présente dans le travail de Jean François Porchez. La pédagogie également. C’est en expliquant la typographie, en commentant la création d’un caractère que l’on apprend aux autres, lecteurs, clients, à l’apprécier. Chaque fonte possède son histoire, mêlant les couleurs de l’époque, l’air du temps, aux résurgences du passé tout en se protégeant des phénomènes de mode. Véritable objet de design, elle est définie par sa fonction dans un contexte technologique précis. Enseignant depuis déjà longtemps, la force de son enthousiasme a conquis des générations d’étudiants qui sont devenus de véritables amoureux de la lettre. Un vrai créateur reste étudiant toute sa vie, il ne cesse jamais de chercher, de découvrir et, pour les plus généreux, de partager.

Vous pouvez en consulter un extrait ici.
Pour l’acheter en ligne : les éditions Adverbum • Pour l’acheter en libraire : Artazart, 83, quai de Valmy, 75010 Paris.

vigFontaine

La fontaine aux lettres, ou la typographie racontée à tout le monde, un livre de Joep Pohlen.

Le livre La fontaine aux lettres, dans sa deuxième version, est à la fois un catalogue de présentation de caractères, et un guide pratique pour découvrir l’histoire de la typographie et se familiariser avec les règles d’usage. Il est accompagné d’un site internet qui reprend une partie de l’ouvrage et offre ainsi gratuitement aux étudiants et amateurs une ressource de qualité.

Le chapitre Comment ça a commencé expose une brève histoire de l’écriture et l’avènement de l’ère typographique, en présentant les différentes techniques, des premières impressions à l’aide de caractères mobiles à l’apparition du premier Macinstosh en 1984.

Nom et classification tente de simplifier et de fixer le vocabulaire; pour cela il est bon de noter que la discussion est toujours ouverte et que peu d’appellations sont validées par tous les dessinateurs de caractères et tous les typographes (à noter également que, contrairement à ce qui est écrit, les points et virgules ne sont pas utilisés pour composer les chiffres aujourd’hui en France). S’il paraît normal de réactualiser la classification Vox, créée dans les années 50, on peut s’interroger sur la nécessité de maintenir une famille spéciale pous les incises qui sont très peu nombreuses et sur l’efficacité d’un nouveau système qui introduit une classification dans la classification en redécoupant six fois la famille titrage, compliquant les choses au lieu de les simplifier.

Au sommaire de ce chapitre : Zoom sur les familles de caractères / Capitales et bas de casse / Les variantes / Les petites capitales / Ligatures, diphtongues et logotypes / Chiffres / Signes de ponctuation / Les accents / Autres caractères courants / Systèmes de mesure / Système métrique ou décimal / Système Didot / Système pica / Le pouce / Le corps / Mesure du corps et de l’interligne / Les caractères et leur classification / Vox+ / Vox+1 / Vox+2 / Vox+3 /
Le chapitre Du dessin à la fonte s’attarde sur le processus de création et balise toutes les étapes importantes. On y voit, entre autres, que le schéma idéal des capitales provient de la capitale romaine à l’origine gravée dans la pierre, les corrections optiques nécessaires pour que les rondes soient perçues comme étant de même hauteur que les autres lettres. Il explique également les phases plus techniques nécessaires pour générer une fonte comme l’interpolation qui permet d’obtenir une graisse intermédaire entre deux versions, par exemple regular et extra bold, le réglage des approches de paire, appelé le crénage, et explique la naissance du format Opentype.

Le Guide pratique resitue la naissance de l’esthétique numérique dans son époque, lorsque le do it yourself du mouvement Punk entraîne toute une génération vers l’indépendance et que des magazines synthétisent dans leur mise en page les idéaux du mouvement New wave, appelé aussi Déconstructivisme, développé en réaction au Style international.
L’histoire des fonderies raconte une adaptation, quelquefois difficile, au nouvel univers technologique, la naissance d’Emigre, de Fontshop et des petites fonderies, reposant souvent sur les épaules d’un seul créateur. La fin de ce chapitre explique comment, par l’application de règles simples, composer un texte et mettre en page de façon à atteindre l’objectif de la bonne typographie qui est, selon l’auteur, “triple. Tout d’abord, elle cherche à susciter l’intérêt du lecteur. Ensuite, elle favorise la lisibilité du texte. Enfin, elle détermine la direction et le rythme de la lecture.”

Là s’arrête la partie commune au site et au livre. Il faut acheter l’ouvrage pour profiter de la partie catalogue, de l’index des fonderies et du glossaire, parties passionnantes, très bien documentées qui répondent à toutes les questions que l’on peut se poser sur la pratique et l’histoire de la création de caractères. Très intelligente aussi la présentation de variantes après la présentation de chaque caractère, tous des valeurs sûres, qui permet d’élargir notre horizon typographique en présentant des alternatives reposant sur les mêmes propriétés esthétiques.

Un ouvrage à faire figurer dans notre bibliothèque idéale, disponible entre autres chez Artazart, au prix de 46,55 €. Le site est consultable ici.
Toutes les illustrations sont issues du site. © Au ayants droits.