Archives du mot-clé design éditorial

Ligature.ch

Ligature.ch est une publication en ligne basée en Suisse traitant de la conception, la culture et la création visuelles. Fondée par Dennis Moya en 2011, Ligature.ch est maintenant dirigé par le studio Bähler Moya (designers duo Dennis Moya et Tiffany Bähler).
Le site est composé de différentes rubriques : interviews, design, design graphique, design industriel, photographie, illustration et création de caractères.

Chaque projet est accompagné d’une interview des créateurs et l’ensemble permet un regard mondial sur une création riche, vivante et exigeante.

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C’est ici : http://ligature.ch.

[UN]EARTH, un recueil graphique par Arnaud Darré.

Pour son diplôme de fin d’études à l’ESAG-Penninghen, Arnaud Darré a choisi de faire un bond en avant de mille ans : la Terre n’est plus qu’un vaste champ de ruines, fruit de notre création. Un monde oublié dans le temps et l’espace… Presque oublié. Venus du fin fond du cosmos, un peuple découvre notre planète. Constatant et ne pouvant expliquer son abandon, ils se sont mis à gratter la surface, fouiller le passé.

[UN]EARTH propose un regard. Celle qu’une civilisation venue d’ailleurs va porter sur notre société, nos mœurs, nos habitudes. Un projet qui utilise la science-fiction pour aborder les problèmes de notre monde, une vision qui va nous permettre de questionner son fonctionnement. Ce projet est un recueil graphique, un livre d’histoire qui nous conte une fable, un nouveau mythe de la destruction du monde.

L’immersion se devait d’être totale. Les aliens ont leur écriture propre, une curiosité sans limite. Ils nous livrent la vision du monde tel qu’il l’ont découvert, et les vestiges numériques récoltés, abîmés par le temps.

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Pour en savoir plus : http://arnaud-darre.com/
Plus d’informations sur l’école : http://penninghen.fr/

Fanette Mellier conçoit Connaître et pratiquer le design graphique au collège, un document co-édité par le Centre national des arts plastiques et le réseau Canopé.

Un grand protège cahier transparent, un fascicule de 48 pages à grands carreaux, une série de 5 posters à afficher, c’est la rentrée, bienvenue au collège ! Fanette Mellier invente la madeleine qui nous renvoie à nos premières émotions graphiques, souvent liées à l’école. Cahiers, stylos, livres, tous les jeunes des pays riches vivent au milieu d’objets graphiques sans le savoir.
Mais ça, c’est du physique, du sensoriel, du sensuel, et les plus sensibles d’entre eux finiront peut-être en école d’arts… Question contenu, ce livret propose une approche très sérieuse du graphisme, destinée à aider les enseignants à apprendre aux collégiens les bases de la pratique.

Le kit est conçu en deux parties : d’une part, ce livret théorique à l’usage des enseignants et d’autre part, 5 affiches sur les thèmes suivants : typographie, couleur, visualisation de données, image et mise en page. Pour les affiches, une très belle idée, celle de les penser muettes et de forcer ainsi la parole et non le survol souvent inefficace de légendes redondantes. Pour ma part, j’aurais aimé un chapitre supplémentaire dans le livret, qui explique la fonction du graphisme, “à quoi ça sert”  : il me semble plus simple de partir de l’expérience pour arriver à la théorie et non l’inverse…. ce qui, soit dit en passant, aurait peut-être aidé ma mère à enfin comprendre à quoi je passe mes journées.

Fanette Mellier met en valeur toutes les ficelles du métier, jolies ficelles qui reposent sur l’importance du choix du papier, du mode d’impression et qui font rentrer les non-initiés dans un univers moderne, concret, où la poésie naît aussi de la technique et de son interprétation. Poursuivant ses recherches sur les caractères modulaires géométriques qui lui sont chers depuis longtemps déjà, elle invente un “a” Piou-piou-Pacman et signe la conception graphique d’un bel outil qui pose les bases d’une pédagogie d’initiation encore à inventer.

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Le kit est édité à 7 500 exemplaires et est disponible en prêt dans les Ateliers Canopé et sera distribué lors d’animations pédagogiques sur le design. Plus d’informations et adresses des Ateliers sur www.reseau-canope.fr/nous-trouver.
Le kit est également proposé à tous en version téléchargeable, ici.
Pour en savoir plus sur Fanette Mellier, c’est ici.

Food for thought Culture et mondialisation par Yu-Hsuan Wang.

Yu-Hsuan Wang est une étudiante originaire de Taïwan qui, déjà titulaire d’une licence de design graphique, est venue en France pour poursuivre ses études à l’ESAG-Penninghen. Son diplôme explore de façon poétique les changements apportés par la mondialisation et le métissage des cultures.

À partir de la cuisine, il construit une sorte de métaphore pour rendre compte de cette diversité. Le phénomène de naissance de nouvelles cultures est comparé à celui de l’évolution des plantes qui possèdent leurs caractéristiques uniques selon leur environnement. De nouvelles plantes donc sont créées pour symboliser les différentes civilisations de l’histoire du monde. Des plats, représentant la rencontre entre les différentes cultures, sont élaborés ensuite à partir de ces ingrédients imaginaires, donnant lieu à de nouvelles recettes.
Pour terminer, tous ces plats sont servis lors d’une fête imaginaire…

Ode à la gourmandise et à la curiosité, ce projet présente des illustrations, mises en page à la manière d’un herbier pour montrer la transformation et la fusion des cultures.

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Pour en savoir plus : yuhsuanwang.com, behance.net/yuhsuan
Plus d’informations sur l’école : http://penninghen.fr/

Un bouquet de signes par Béatrice de Boissieu.

Pour sa thèse de fin d’études à l’Esag-Penninghen, Béatrice de Boissieu a choisi d’explorer l’univers infini des symboles. Dans un ouvrage de plus de 400 pages (une centaine de mots sont répertoriés par ordre alphabétique de abeille à visage), elle les analyse et répertorie leurs représentations graphiques afin d’en présenter une vision contemporaine et accessible à tous.

Les modèles des illustrations proviennent pour la plupart de pièces historiques comme des monuments mégalithiques, des pièces de monnaies, des tablettes en argile, et bien d’autres supports encore. Le résultat est un livre foisonnant, où les signes dévorent parfois la page dans une écriture gourmande et joyeuse.

En complément du dictionnaire, des livrets explorent l’univers de symboles propres à une thématique particulière, mettant en scène la richesse de ces signes qui fascinent, déroutent et peuvent parfois donner l’impression d’accéder à un monde énigmatique et proche de l’irrationnel. Contrairement au dictionnaire, qui relate de façon profonde et construite les symboles, les livrets thématiques se permettent d’être plus libres pour expérimenter au plus près le plaisir de la forme et du dessin.

Renvoyant à tout ce que les symboles transmettent de l’inconscient collectif, cet imagier un peu magique réintroduit le sensible dans notre expérience quotidienne des signes.

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The Green Factory, un livre de photographies
de Pierre Bessard.

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Depuis plusieurs années Pierre Bessard prend en photo des hommes et des femmes au travail et c’est cette relation de l’individu à son travail, de nature bien particulière, qui m’a donné l’idée de départ pour le design de ce livre.

Je souhaitais un livre à deux lectures. Une première lecture repose sur la juxtaposition de photographies de l’usine – une usine Alstom à Chatanooga, aux USA – à fond perdu, comme dépassant du livre. Les photographies sont souvent à la limite de l’abstraction, avec des gammes de couleurs proches de celles du mouvement De Stjil. Des extraits de textes sont mis en scène de façon spectaculaire, comme de la parole brute liée à de la matière brute ; une parole qui dit un rêve, si simple, si banal, d’avoir une vie sécure et confortable, et pourtant toujours inaccessible à tant de personnes sur terre. Ensuite, le lecteur est invité à ouvrir la page, comme on ouvre une porte, pour découvrir l’intimité de la vie des familles et c’est là, que s’offre la seconde lecture, lenteur imposée, presque respectueuse.

L’intérieur est composé AW Conqueror, créé par Jean François Porchez, une sériale de titrage qui offre des variations de style, toutes dessinées sur la même base, ce qui donne une unité à l’ensemble toute en permettant d’individualiser la parole de chacun (plus d’infos sur ce caractère ici). En couverture, c’est le Casey Script de Leslie Cabarga qui donne forme au rêve américain.

 

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Aimer voir, un livre d’Hector Obalk
aux éditions Hazan.

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J’ai toujours espéré qu’on puisse lire un livre d’art dans son lit, d’où le format choisi pour celui-ci, suffisamment petit pour qu’il soit maniable comme un roman et suffisamment grand pour qu’il réponde aux attentes du “beau-livre”. Il est composé d’articles qui furent plus souvent plus longs à mettre en page qu’à écrire car j’essayais de faire en sorte que pour chacun d’entre eux, le choix des images et le propos du titre suffisent à laisser deviner la teneur de la démonstration.

Ainsi débute les avertissements qui ouvrent le nouvel ouvrage d’Hector Obalk. Le pari est réussi.

Sensible à la typographie, pour reprendre le titre d’une série de conférences qu’il fit à Beaubourg il y a quelques années, Hector Obalk nous guide et nous accompagne à la découverte de sept notions qui permettent de revisiter ou de découvrir l’histoire de l’art.

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Les sommaires imbriqués dans le texte courant sont une des belles trouvailles de cet ouvrage. Toujours fidèle aux Minimum (le caractère carré) et Gararond (le caractère rond) créés par Pierre di Sciullo, Hector Obalk adopte une composition en drapeau (le texte est aligné à gauche), ponctuée de pieds de mouche (¶) indiquant les paragraphes, généreusement interlignée, à largeur variable, de façon à occuper, le plus possible, la même hauteur dans la page.

De la même façon qu’il repense le documentaire à la télévision – voix off et analyses mêlées à des prises de vues sur le vif avec commentaires spontanés – Hector Obalk utilise tous les potentiels de la mise en page pour donner à voir son propos. Vraiment. Comme s’il montrait du doigt certaines parties de l’œuvre en nous disant “regarde, tu as vu, ce qui se passe là ?”.

Tout s’articule autour du module de la double page qui définit le territoire d’un propos, un thème. Deux points d’entrée sont proposés : le titre du texte et l’œuvre étudiée, pour laisser ensuite la parole à l’image tout d’abord, au texte ensuite.

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Mosaïque….

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cadrages et gros plan avec effet de zoom…

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promenade dans le tableau à la façon d’une bande dessinée…

… en nous livrant son expérience intime et savante à la fois, Hector Obalk nous renvoie à notre propre expérience, à nos jugements, notre sensibilité. Un propos inédit sur l’art, une mise en forme inédite, où chacun trouvera un nouveau champ de contemplation, un aspect de l’œuvre qu’il n’avait pas “vu” jusqu’alors et qu’il “aimera voir” désormais.

29,90 euros, 256 pages, 100 illustrations.
à propos de ce livre : http://ma-tvideo.france2.fr/video/iLyROoafrzOG.html
à propos de Grand’art : http://www.arte.tv/fr/2469020,CmC=2479284.html

Les clubs des livres.

À la fin des années quarante, la vente par correspondance de livres sous forme d’abonnement se développe et permet la diffusion de séries limitées. À la limite du livre objet, ces ouvrages ne sont pourtant pas des objets de luxe ; ils sont destinés à la classe moyenne et les graphistes qui les conçoivent les voient comme les éléments d’une culture populaire, riche, variée, drôle et poétique. La personnalité, quelque peu écrasante, de Massin, a un peu occulté le rôle fondamental de Pierre Faucheux qui fut son “maître” et de Jacques Darche, Jacques Daniel, Claude Bonin-Pissarro et Jeanine Fricker, qui furent les autres protagonistes de l’aventure des clubs des livres.

De l’extérieur, le livre est déjà surprenant et casse les codes traditionnels ; les trois faces de la couverture peuvent être traitées comme une seule, comme ici par Massin pour L’or de Blaise Cendrars,

le titre disparaît souvent de la une, c’est le cas pour Les copains de Jules Romain, toujours de Massin, qui offre une illustration plus symbolique que narrative,

et les premières pages déroulent une sorte d’introduction graphique, tel un générique de film posé sur le papier, afin de faire du livre un spectacle animé.

Les chants de Maldoror de Lautréamont, mis en page par Faucheux déploie, dans les premières pages, les lettres du titre en Didot monumental.

Pour Le pont de la rivière Kwai, de Pierre Boulle, Massin joue une introduction très typographique.

Les pages de titre sont aussi variées que recherchées, toujours inspirées par l’esprit du texte.

Massin et ses collègues mettent en œuvre une typographie expressive à l’opposé du purisme moderne, revendiquent le bricolage, la récupération du passé, la citation historique, le pastiche, s’inspirant des inscriptions urbaines, des specimens de caractères anciens, d’affiches chinées chez les brocanteurs.

À propos de ces livres, Massin écrit : “… Chacun d’eux avait son individualité propre. C’est dire qu’ils étaient faits pour ne pas se ressembler, chacun d’eux devant être différent. Et non seulement, en tant que maquettiste, nous cherchions en permanence à surprendre l’acheteur par des trouvailles, des trucs, des inventions nouvelles, insolites, géniales, etc., obligeant parfois les relieurs et les façonniers à de véritables tours de force techniques, mais nous voulions aussi nous étonner les uns les autres.” [dans L’ABC du métier, p.68]

Massin, couvertures pour Pierrot mon ami de Raymond Queneau, Les bijoutiers du clair de lune de A. Vidalie, La jument verte de Marcel Aymé.

D’autres livres ici : http://www.designers-books.com/?p=4558 et ici : http://www.flickr.com/photos/aorloff/sets/72157625381344224/with/5175024930/
Ici, une conférence sur Pierre Faucheux et les clubs de livres au centre Georges Pompidou.

À voir absolument, une plateforme de discussion entièrement dédiée aux clubs de livres : Les amis du club.

© aux différents auteurs.